top of page

sans titre

Homme en manteau blanc lisant, assis seul dans un train vide. Lumières fluorescentes, ambiance calme. Affichage indiquant "KG0".

Les « grands auteurs » de chez Grasset quittent le navire. Grand bien leur fasse ! Grasset, l’éditeur digne, humaniste, de gauche peut-être… Tu parles ! Je me rappelle Mme B. directrice littéraire qui me disait tant de bien de l’un de mes romans, qu’elle voulait publier et qui, quelques semaines plus tard, se mettait brutalement en mode ghosting. J’ai su alors qu’un membre de chez Grasset qui avait été le sujet d’un pamphlet publié par mon précédent éditeur (l’Age d’Homme) l’avait refusé, sans lire mon roman, bien évidemment. Vengeance ? Peut-être. De toute façon un procédé méprisant à l’égard d’un auteur « hors milieu » qui rame pour être lu.

     Car avant d’être reçu, rue Saints Péres, j’avais déposé mon manuscrit à l’accueil des éditions Grasset (cela se faisait encore dans les années 2000). Puis j’ai fait des courses à Paris. En revenant chez moi à Montreuil en fin d’après-midi, je trouve mon manuscrit sur le paillasson. Oui, sur le paillasson ! Le manuscrit avait fait l’aller-retour plus vite que moi. Il n’y avait pas de code dans mon immeuble et un coursier avait grimpé les trois étages pour me le déposer sur le pas de ma porte. Le soir même, en colère, j’écris quatre pages serrées à la directrice de la littérature française, Mme B. en critiquent un tel procédé. Ce n’était plus une lettre mais un manifeste hurlant !

     Ce qui s’est passé ensuite est rare. Mme B. me téléphone. Je suis surpris et ce n’est pas un vain mot, imaginez…  Elle m’explique qu’elle reçoit beaucoup de manuscrits et que si mon roman s’est retrouvé chez moi le même jour où je l’ai déposé, c’est qu’un coursier devait ce jour-là se rendre sur les lieux pour une raison quelconque. Mais si mon roman « avait les couilles » de ma lette, (elle utilise bien l’expression sans doute pour donner la mesure), alors elle voudrait bien le lire. Je le lui envoie donc. Elle me répond assez rapidement que c’est un roman très bien écrit qui l’a émue (Elle a été frappée par la relation mère-fille, par le récit, etc.) et beaucoup intéressée, elle me donne un rendez-vous, la suite vous la connaissez...

     Tout cela pour dire, que Grasset, comme quelques autres éditeurs, se comportent avec un mépris total envers les auteurs qui n’appartiennent pas au sérail à la bourgeoisie « intellectuelle » parisienne. Si encore, les auteurs publiés étaient intéressants, ce n’est même pas le cas, et ce sera de moins en moins le cas ; de l’aveu même de Mme B. qui me disait : On publie des auteurs (elle m’en cite un, notamment) que je n’aime pas, qui est un très mauvais écrivain. Mais que voulez-vous, ils sont suivis par de nombreux lecteurs. Alors que Bolloré (qui n’est pas de mon bord politique, loin de là) prenne la place, est-ce que cela va changer grand-chose ?  Dans le mode opératoire de chez Grasset ? Est-ce que cela changera grand-chose dans la manière dont sont traités les écrivains anonymes qui envoient « naïvement » leur manuscrit par la poste ou pire (parce que là, c’est carrément un cimetière électronique !) par courriel ? J’en doute fort.


Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page